dimanche 19 novembre 2017

J.D. Vance, "Hillbilly Elégie".




J.D. Vance  Hillbilly Elégie  Globe  284 pages

   Dans ce récit à la fois personnel et politique, J.D. Vance raconte son enfance chaotique dans les Appalaches, cette immense région des États-Unis qui a vu l’industrie du charbon et de la métallurgie péricliter. Il décrit avec humanité et bienveillance la rude vie de ces « petits Blancs » du Midwest que l’on dit xénophobes et qui ont voté pour Donald Trump. Roman autobiographique, roman d’un transfuge, Hillbilly Élégie nous fait entendre la voix d’une classe désillusionnée et pose des questions essentielles. Comment peut-on ne pas manger à sa faim dans le pays le plus riche du monde ? Comment l’Amérique démocrate, ouvrière et digne est-elle devenue républicaine, pauvre et pleine de rancune ?

Pour cette troisième année consécutive, je remercie PriceMinister et ses Matchs de la rentrée littéraire de m'avoir permis à nouveau de découvrir un livre de la rentrée littéraire. Cette année, mon choix s'est porté sur ce roman autobiographique, mes goûts en matière de lecture évoluant selon mes envies. La thématique sociologique de ce livre m'ayant attirée, j'ai voulu assouvir ma curiosité.

L'histoire est celle de l'auteur, et de la communauté Hillbilly, les Blancs en condition précraire des régions métallurgiques défavorisées aux Etats-Unis, dans laquelle il a grandi. En racontant son histoire et celle de sa famille tout en se basant sur quelques références bibliographiques et statistiques, c'est celle de sa communauté qu'il raconte: communauté bercée par des illusions, qui doit faire face à de nombreuses difficultés tant sociales qu'économiques, et qui ne cesse de se méfier des autres. Il s'agit d'une communauté désabusée, profondément en colère, incomprise du reste de la population et ce à juste titre dans plusieurs situations.

J'ai apprécié suivre le parcours de l'auteur et par conséquent celui de certains membres de sa famille. A travers son vécu, et ses douloureux souvenirs dans la pauvreté, les cris et la drogue, j'ai eu l'occasion d'entrer dans l'intimité de ces gens-là, d'entrevoir les difficultés qu'ils tentent de traverser, sans pour autant comprendre mais ce n'était pas nécessaire pour en apprendre davantage sur leurs conditions de vie et le contexte politico-social qui les forge. Et de temps en temps, parmi ces ténèbres, une lumière prend parfois le dessus. Ce fut le cas pour l'auteur, qui grâce à l'amour de ses proches, notamment sa grand-mère, Mamaw, et sa sœur, Lindsay, a pu s'en sortir et combattre un certain déterminisme social pour s'élever et devenir aujourd'hui avocat.

Néanmoins, malgré l'amour que je porte aux témoignages, car j'estime qu'il n'existe pas plus pertinente source d'informations que celle-ci, je reste sur ma faim quant à la supposée analyse socio-politique que laisse présager le synopsis de cette autobiographie. En effet, l'auteur, au-delà d'une narration personnelle, amène des éléments objectifs et tangibles pour soutenir certains de ces propos, ce que j'ai évidemment trouvé intéressant. Cependant, je m'attendais, en découvrant ce livre, à une réelle réflexion sur la situation politique actuelle des Etats-Unis de la part de l'auteur, ce qui est certes prégnant dans le livre mais pas suffisant à mon sens. A travers ce témoignage, j'ai surtout entrevu un ressenti, certes intéressant, mais pas assez pédagogique à mon sens.

Malgré des attentes qui ne sont pas totalement comblées, je suis ravie d'avoir découvert ce livre qui m'a apporté une certaine sensibilité au sujet de cette communauté dans laquelle je me suis même parfois reconnue. C'est sans condescendance mais avec bienveillance que l'auteur en parle, au lieu de raviver les préjugés tenaces à l'encontre de celle-ci. Tout en leur reconnaissant des torts, il humanise ces gens que je stigmatisais, il m'a permis d'éclairer mon jugement, de me confronter à l'altérité. Pour cette raison, je vous recommande la lecture de ce livre.

samedi 5 novembre 2016

Smith Henderson, "Yaak Valley, Montana".




♥♥♥♥ J'ai adoré

Smith Henderson  Yaak Valley, Montana  Belfond  578 pages

   Dans le Montana, en 1980. Autour de Pete, assistant social dévoué, gravite tout un monde d’écorchés vifs et d’âmes déséquilibrées. Il y a Beth, son ex infidèle et alcoolique, Rachel, leur fille de treize ans, en fugue dans les bas-fonds de Tacoma, Luke, son frère, recherché par la police. Et puis il y a Cecil l’adolescent violent et sa mère droguée et hystérique, et ce jeune Benjamin, qui vit dans les bois environnants, avec son père, Jeremiah Pearl, un illuminé persuadé que l’apocalypse est proche, que la civilisation n’est que perversion et que le salut réside dans la survie et l’anarchie. Au milieu de cette cour des miracles, Pete pourrait être l’ange rédempteur, s’il n’était pas lui-même complètement perdu…
    Je remercie Priceminister et ses matchs de la rentrée littéraire pour l'envoi de ce livre que je pourrais qualifier de petit bijou de narration. Dans les années 80, dans le Montana, Pete est un assistant social prêt à tout pour aider les autres, y compris délaisser sa propre famille. Des "cas sociaux", il en côtoie tous les jours, souvent avec sang froid. Jusqu'au jour où il rencontre un gamin en piteux état, vivant dans les bois avec son père, un illuminé religieux qui rejette la société dans son intégralité. Une enquête va alors commencer. Mais finalement, qui est le plus fou d'entre tous ? L'exercice de narration que nous offre l'auteur est incroyable, chaque chapitre aborde tour à tour les péripéties d'un protagoniste, en mêlant toutes les personnes de la conjugaison au récit. Une prouesse remarquable qui m'a permise de m'immerger davantage dans le récit et dans la psychologie fouillée des personnages.

    En effet, chaque personnage rencontré au fil de la lecture est complètement paumé dans sa vie. Il n'y a ni de gentil, ni de méchant, juste des êtres qui ont plus ou moins de mal à distinguer leurs valeurs et à mettre l'accent sur leur véritable identité. Ce qui, par malheur, les amènent à accomplir plus ou moins des choses bancales, qui n'arrangent en rien leur quête de soi. En somme, ils errent dans leur propre existence. De plus, la folie n'est jamais très loin et devient un véritable spectre qui plane au dessus de leur tête, rendant ainsi certaines existences plus miséreuses et dramatiques que d'autres.

   En contraste à cette terrifiante nature humaine, la nature en tant que telle, celle de la Terre, celle qui offre une telle grandeur, une telle délivrance, est quant à elle extrêmement libératrice dans ce roman. Elle permet une coupure avec nos personnages torturés, nous offrant une bouffée d'oxygène pour se distancer, l'espace d'un instant, de cette atmosphère suffocante et, plus tard, bouleversante. Ce sentiment est d'autant plus renforcé par la plume de l'auteur qui est crue, franche, parfois brutale lorsqu'il s'agit de décrire la vie mentale de ses protagonistes. Cependant, une certaine beauté s'en dégage rendant le récit véritablement vrai et touchant.

   A travers une narration édifiante qui interpelle le/la lecteur.trice et l'immerge dans le récit, les descriptions époustouflantes de paysages forestiers, des personnages aussi paumés les uns que les autres au creux d'une Amérique qui subit de grands bouleversements, je n'ai pu qu'être conquise à chaque ligne que je lisais. Un livre tantôt suffocant, tantôt bouleversant, qui retranscrit à merveille l'errance humaine et tous ses vices. A lire si vous êtes à la recherche de grandes sensations livresques !

vendredi 6 mai 2016

Julie Grêde, "Superglu pour cœur brisé".




♥♥♥♡♡ J'ai aimé

Julie Grêde  Superglu pour coeur brisé  La Boîte à Pandore  150 pages

   Un chagrin d'amour t'a brisé le cœur, tu aimerais qu'on te foute la paix et que l'on cesse de te dire qu'il serait temps de "passer à autre chose". Oui, en gros, tout le monde te bassine avec ça. Et comme si ça ne suffisait pas, juste la nuit où tu parviens enfin à dormir un peu paisiblement, tu te réveilles en sentant une présence dans ta chambre: une espèce de nana-spectre affublée d'une tablette Apple rose fuchsia à paillettes se tient près de toi et prétend qu'elle va te guérir de ton chagrin d'amour.


   Il y a de ces livres dont vous doutez s'ils sont fait pour vous, qui dans un premier temps ne semblent pas vous correspondre. Et puis, intrigué.e par ce que les pages contiennent, vous décidez tout de même de vous y plonger, de partir à la découverte dans ces domaines qui ne vous inspirent pas complètement. C'est l'expérience que j'ai vécue avec Superglu. De prime abord, en voyant cette couverture rose fushia et le titre évoquant un problème de cœur, je n'ai pas voulu le lire car j'avais la sensation que je n'allais pas m'identifier à cette histoire. Puis l'auteure, qui m'a permis de découvrir sa plume et je l'en remercie, m'a donné un simple argument qui a tout changé: ce livre, à défaut de m'y reconnaître complètement, allait me faire rire. Ce livre m'a fait l'effet d'un plaid bien chaud qui réconforte après une journée éprouvante du quotidien. Je ne souffre pourtant d'aucun chagrin d'amour, mais peut-être seulement d'un peu trop de grisaille et Superglu s'est pointé à un moment de ma vie opportun, qui nécessitait d'un remède livresque comme celui-ci.

   Ainsi, le moment que j'ai passé fut drôle et instructif à la fois. La plume de l'auteure, fraîche et pleine d'humour, accentue ce bien-être que l'on ressent à la lecture. Elle nous emmène à travers différents spectres historiques et autres références à notre culture populaire, ce qui forme un savant mélange. De ce fait, il est impossible de ne pas se reconnaître au moins une fois lors d'un chapitre donné tellement les références, tant historiques, littéraires, cinématographiques ou musicales, sont fortes et nous ramènent à notre conscience collective. J'ai voyagé à travers différentes époques et ai découvert les chagrins d'amour d'une multitude de personnages, des connus mais également des moins connus, en passant de Anne Frank à Ross et Rachel dans Friends, du marquis de Montespan à Nos étoiles contraires, et j'en passe. Parfois c'est triste, voire tragique, mais à chaque fois la morale de l'histoire mène à la réflexion et donne du baume au cœur, ce qui est l'objectif principal de Superglu.

   Ce livre est un véritable pansement à la morosité. Que vous ayez le cœur brisé ou non, il vous fera du bien. A garder au près de soi et à lire et relire sans modération en cas de (grosse) déprime et ce sera le smile assuré !

mercredi 4 mai 2016

Aspi Deth, "Les Velázquez".



Aspi Deth  Les Velázquez  Autoédité

♥♥♥♡♡ J'ai aimé

   Lorsqu'elle fait la connaissance de Ricardo Velázquez, un séduisant et mystérieux Vénézuélien, Marie ignore à quel point cette rencontre aussi atypique qu'explosive va bouleverser son quotidien. Irrésistiblement attirés l'un vers l'autre, elle tentera de découvrir la vérité à son sujet et apprendra à ses dépens à ne pas se frotter aux membres de la famille du jeune homme, aussi redoutables les uns que les autres. Entre guerre des gangs, coup de foudre, complots et amours interdits, découvrez la saga numérique à ne pas manquer enfin disponible en version papier, cocktail explosif de mafia et de romance.

   Cette saga m'a chaleureusement été recommandée par mon amie et partenaire Mathilde (oui oui encore cette tentatrice) qui n'a cessé de m'en dire du bien. De ce fait, influençable que je suis, j'ai naturellement voulu m'y plonger également et découvrir cette auteure prometteuse et son histoire mêlant romance et mafia. Je remercie Aspi Deth de m'avoir permis de découvrir les sept courts épisodes de sa saga qui m'ont accompagné pendant de nombreuses semaines.

   Je vais d'abord vous parler de ce qui m'a déplu à commencer par le premier épisode "Une envie de Tequila". Dans celui-ci a lieu la rencontre entre nos deux protagonistes principaux, Marie et Ricardo. L'une a le caractère digne de la reine des emmerdeuses et l'autre est tellement beau qu'il brillerait presque au soleil. Dès le début, ils m'ont agacé. Et encore si cela s'était arrêté à ça ce n'est pas très grave, ne pas aimer des personnages ça peut arriver et cela peut même donner une certaine consistance à une histoire. Mais alors quand j'ai découvert le nombre de clichés qui tournaient autour d'eux, ce n'est pas passé. J'admets que tomber sous le charme de quelqu'un dans l'immédiat peut arriver, c'est ce qu'on appelle le coup de foudre (enfin je crois). Cependant tomber amoureux.se de quelqu'un aperçu en quelques secondes dans la rue et être obsédé.e par cet être sans même connaitre une once de son identité, et le croiser "par hasard" à de nombreuses autres reprises sans que cela choque personne, je ne trouve pas ça crédible. Je n'y ai pas cru, d'autant plus que le caractère et la personnalité des personnages ne m'ont pas aidé à les aimer davantage. Marie est une femme qui a subi beaucoup de déceptions dans sa vie, y compris en terme de relation amoureuse. Elle se donne l'apparence d'une femme libre et indépendante alors qu'au fond d'elle elle ne veut qu'une chose, trouver l'homme de sa vie qui viendrait combler le vide de son existence. Je n'ai pas cru à sa prétendue force et à l'air féroce qu'elle se donne alors qu'au fond d'elle se cache une personne terriblement sensible, côté attachant qui est noyé par la mauvaise image qu'elle véhicule. En ce qui concerne Ricardo c'est pareil. Il s'agit d'un mafieux qui baigne dans un quotidien rythmé par la violence et le sang (aspect hyper intéressant je tiens à le souligner). Marie semble être l'élément manquant dans sa vie, son rayon de soleil. Dans l'absolu cette complémentarité ne me gêne pas mais tout s'emboîte tellement bien que ça en devient improbable, et même un peu niaiseux si j'ose dire (cependant ça crée aussi des situations cocasses et j'avoue avoir été sensible à l'humour qui transparaît quelques fois #saké).
   Avec le recul j'ai peut-être une explication à mon désamour vis-à-vis de toutes ces choses: je ne suis pas une adepte de romance, alors il est possible que les aspects que je reproche à celle-ci soient en réalité simplement les codes du genre que je juge sans connaitre. Quoi qu'il en soit, il s'agit de mon avis purement subjectif (comme toujours). Mais malgré tout, je n'ai pas pu me déconnecter de ce que je considère comme des clichés. Cependant le pire réside dans un moment bien particulier, un exemple d'injonction de notre chère et tendre société patriarcale: SPOILER (la scène chez le gynécologue m'a fait bondir de mon canapé.. Est-ce qu'un jour une femme aura le droit d'avorter sans recevoir de leçon de morale surtout de la part d'un médecin bordel ! Oh faut se réveiller les gars une femme fait ce qu'elle veut de son corps et par conséquent de son utérus et cela implique également ce qui s'y trouve à l'intérieur ! Qu'on respecte les choix de chacun.e nom de nom...) FIN SPOILER

   Bon je vous rassure quand même, malgré ces écueils qui ont gêné ma lecture, j'ai quand même apprécié la saga "Les Velázquez" dans son ensemble car elle se bonifie au fil des épisodes, notamment grâce au côté mafieux et les péripéties qui en découlent et qui en font un ensemble ultra addictif. Une fois passés les deux premiers tomes qui mettent en place les relations et le contexte, l'auteure nous plonge complètement au sein de l'univers sombre et sanglant de la mafia. Et même si j'ai trouvé les personnages trop beaux, trop lisses et souvent prévisibles, certains d'entre eux ont gagné ma sympathie et j'ai même appris à en aimer d'autres. Un fois prise au jeu, je ne pouvais pas m'empêcher d'en vouloir toujours plus, suivre avidement l'évolution des événements était devenu presque obsessionnel. Si, à la base, j'avais voulu découvrir cette saga, c'était justement pour m'immerger dans une histoire pleine d'action et de suspense qui me tienne en haleine tout du long. Ce fut le cas et je peux vous assurer que je n'ai jamais aussi vite dévoré les lignes d'un livre qu'avec ce septième et dernier épisode qui fut horriblement bien pensé et qui me restera probablement longtemps en mémoire, j'en suis persuadée.

   Certes la lecture des deux premiers tomes fut laborieuse à cause de la romance et cette ambiance Chick-lit que je n'apprécie guère. Cependant elle s'atténue avec l'arrivée de l'action et autres rebondissements qui ont retenu mon attention jusqu'à la fin. L'histoire gagne petit à petit en noirceur et l'intrigue part dans tous les sens pour nous emmener vers des secrets et autres complots mafieux qui se dévoilent au fil des épisodes. De ce fait, je félicite l'auteure pour la manipulation dont elle a fait preuve et le maniement du suspense qu'elle gère parfaitement. Ainsi, je suis passée par pleins d'émotions et mon cœur s'en remet à peine. En conclusion, je vous recommande cette saga sur le thème de la mafia si vous souhaitez plonger dans ce milieu violent, explosif et complètement addictif. De plus, si vous aimez les romances, vous serez comblé là où la magie n'a pas opéré sur moi. Si vous voulez retrouver ces différents éléments, n'hésitez pas à vous immerger dans le monde impitoyable des Velázquez où la famille, c'est tout ce qui compte.

lundi 2 mai 2016

S. N. Lemoing, "Powerful, tome 1: Le royaume d'Harcilor".



♥♥♥♥ J'ai adoré

S. N. Lemoing  Powerful tome 1  Autoédité  386 pages

   Depuis douze ans, le pouvoir a été usurpé au royaume d'Harcilor. Cyr, un homme de savoir, et son fils adoptif, Kaaz, ont constitué une école secrète. En effet, dans ce monde certaines personnes naissent dotées de pouvoirs magiques : les Silarens. Seulement, il n'est pas toujours aisé de déceler ses pouvoirs. Ils seront bientôt rejoints par une jeune femme bien mystérieuse qui a beaucoup à leur apprendre. Alors que Litar, reconnu comme l'être le plus puissant du royaume s'absente durant quelques temps, ils entrevoient pour la première fois la possibilité d'agir. Parviendront-ils à retrouver leur liberté ? Feront-ils les bons choix ?



   Je remercie l'auteure de m'avoir permis de me plonger dans son monde. Et quel monde ! Je dois avouer qu'au début lui et moi, on n'était pas copain. Pendant l'espace de quelques pages ça ne passait pas du tout. Au début, l'univers était expliqué de manière linéaire, factuelle, presque plate à cause de la plume que j'ai trouvé maladroite. Les informations sont à ce moment-là livrées sans contexte et donc je ne me suis sentie en aucun cas investie, je m'y perdais complètement. Fort heureusement, ce passage désagréable fut rapidement balayé par une véritable entrée en la matière portée par la découverte des personnages qui m'ont permis de m'immerger complètement au sein de ce royaume. Je me suis prise d'affection pour la majorité d'entre eux, notamment Cyr, Kaaz, Chellis, Ty et Selna évidemment. Je les ai trouvé intéressant.e.s, avec une réelle profondeur et des personnalités propres que je ne m'attendais pas à découvrir. De plus, les pouvoirs dont certain.e.s habitant.e.s sont doté.e.s, on les appelle les Silarens, leur donnaient une véritable valeur ajoutée. Car oui, cet univers contient de la magie, une magie qui m'a fasciné par ces nombreuses possibilités et les pouvoirs qu'elle engendre comme l'Exploration, La Mobilité, La Force et bien d'autres (je vous laisse le soin de découvrir leur fonction par vous-même afin de préserver pleinement la découverte). La mythologie mise en place par l'auteure est captivante. Il s'agit pourtant d'un univers Fantasy au schéma relativement simple: un royaume dont le pouvoir a été usurpé et qui engendre une guerre de pouvoir. Cependant n'y voyez pas là un manque d’originalité mais plutôt une manière d'étoffement remarquable de la part de l'auteure. En effet l'univers est richement développé allant jusqu'à proposer une langue inventée, le Tystena, une langue ancienne que j'ai aimé découvrir. De plus, alors qu'au départ la plume ne me plaisait que très peu, ce fut un soulagement de découvrir que celle-ci est en réalité très fluide et imagée, permettant une immersion totale grâce à de jolies descriptions qui permettent alors un plongeon direct dans cette magie ambiante qui, pourtant, n'est pas toujours utilisée pour parsemer le bien...

   En plus d'un contexte moyenâgeux aux multiples facettes, divers points modernes s'ajoutent à ce tout déjà fort intéressant. C'est ainsi qu'une pointe de féminisme fait son apparition et ce, pour mon plus grand plaisir. Les personnages féminins ont une réelle importance et leur rôle est indispensable dans la société. Elles sont loin d'être placées en arrière-plan et n'ont pas le rôle de la demoiselle en détresse, bien au contraire ! Elles participent toutes de près ou de loin au bon fonctionnement de la communauté. En effet, l'égalité entre les sexes est présente dans ce livre sous de nombreux aspects, voir les hommes et les femmes occuper un même statut social m'a fait grandement plaisir. Par exemple une femme peut devenir Reine, Guerrière, Gardienne, Cheffe des gardiens ou simplement Mère au foyer sans que cela soit oppressif: elles ont le choix et ne sont pas sous-considérées et bon sang ça fait du bien ! J'ai aimé la façon dont l'auteure approchait cette thématique et la critique qu'elle en fait, notamment sur les différences homme-femme concernant le port des vêtements et la question de la culture du viol qui en découle brièvement mais qui fait son petit effet, j'en ai gardé un grand sourire pendant de nombreuses pages.
L'autre point lifestyle des Harcilans qui m'a complètement plu est le fait que les habitant.e.s vouent un véritable culte à la vie et la respectent entièrement peu importe la forme qu'elle prend. C'est la chose la plus précieuse au monde et l'ôter à quiconque ou à quoi que ce soit relève du sacrilège. C'est ainsi qu'on se retrouve face à des habitant.e.s complètement vegan (même si évidemment ce terme n'est pas utilisé dans le roman) qui ne tuent aucun animal pour se nourrir ni pour se vêtir et se remettent entièrement aux bienfaits de la nature et de ce qu'elle a leur offrir, sans jamais causer la moindre cruauté. Je peux vous dire que la féministe et (presque) vegan que je suis n'a pu qu'être comblée en retrouvant ces valeurs dans ce roman.

   Les seuls points négatifs que je peux lui trouver sont le fameux début qui m'a rebuté et les quelques facilités que j'ai pu relever à certains moments au niveau de l'intrigue et son dénouement qui m'a semblé trop rapide, par moment, dans sa résolution. D'ailleurs la fin me fait poser quelques questions: je me demande à quoi pourrait ressembler le second tome et ce qu'il compte aborder, apporter de plus. Je reste cependant extrêmement curieuse et me fait une joie de retourner au près de ces personnages que j'ai tant aimé suivre.

   C'est avec un immense sourire aux lèvres que je termine cette chronique en vous recommandant chaleureusement cet ouvrage qui m'a réellement conquise par son univers neuf et riche, les thèmes abordés empreints d'une véritable modernité dans un monde qui pourtant le semble moins, et ses personnages attachants aux belles valeurs que je suis ravie d'avoir rencontré dans mon parcours de lectrice. Au plaisir de les retrouver plus tard dans la suite que j'ai hâte de découvrir !


mercredi 27 avril 2016

B.F. Parry, "Oniria, tome 1: Le royaume des rêves".


♥♥♥♥♥ Coup de cœur 

B.F. Parry  Oniria tome 1  Hachette  332 pages

     Eliott, 12 ans, est un garçon en apparence comme tous les autres. Jusqu'au jour où il découvre un sablier magique qui lui permet de voyager dans un monde aussi merveilleux que dangereux : Oniria, le monde des rêves. Un monde où prennent vie les milliards de personnages, d'univers, et toutes les choses les plus folles et les plus effrayantes rêvées chaque nuit par les êtres humains. Collégien ordinaire le jour, Eliott devient la nuit, parmi les rêves et les cauchemars qui peuplent Oniria, un puissant Créateur, qui peut faire apparaître tout ce qu'il souhaite par le simple et immense pouvoir de son imagination. En explorant Oniria pour sauver son père, plongé depuis plusieurs mois dans un mystérieux sommeil, Eliott est finalement confronté à son extraordinaire destin. Car Eliott est l' « Envoyé » : il doit sauver le Royaume des rêves, menacé par la sanglante révolution des cauchemars.
   Vous savez, à mon sens, il existe deux types de panne de lecture: celle qui survient lorsque plus aucun livre ne vous satisfait, vous sombrez alors lentement en dépression et ressentez la peur de ne jamais trouver le livre qui vous illuminera à nouveau et vous sortira de votre trou. La seconde est celle qui survient à la suite d'une lecture si exceptionnelle, tellement immersive que vous ne parvenez pas à passer à autre chose, à vous détacher de cet univers et par conséquent, ne plus rien savoir lire d'autre. Après plusieurs mois à errer dans le premier cas de figure (qui m'a bien bien saoulé), voilà que le second type de panne a surgi après la lecture du merveilleux, du magique, du féerique Oniria ! Un univers qui m'a complètement attrapé et ne m'a pas lâché pendant de (trop) nombreuses semaines. Merci Mathilde d'avoir insisté pour que je le lise, j'aurais du t'écouter plus tôt (bien qu'il m'ait gardé en captivité pendant fort longtemps). Désormais, je me sens d'attaque pour vous raconter ce qui m'a tant captivé dans ce récit et j'espère, par la même occasion, vous donner envie de vous ruer dessus !

   Concernant l'histoire, et les sujets abordés, je préfère vous en dévoiler le moins possible pour préserver au maximum la magie qu'il contient afin que vous la découvriez par vous-même, comme ce fut le cas pour moi. En effet, avant ma lecture, je ne savais pas réellement de quoi ce petit roman jeunesse allait parler. Bon je savais bien que ça allait parler d'une quête au sein du monde des rêves, mais cela s'arrêtait à ça. Et bon sang que j'ai bien fait de ne pas essayer d'en savoir davantage ! Ce livre m'a éblouie de bout en bout tant l'univers est fort, riche, recelant de merveilles. Tout dans ce bouquin est bon, bien pensé et ultra addictif.


   Sans cesse il y a de nouvelles découvertes, c'est à se demander s'il y a réellement une limite à l'imaginaire ! Ce fut une expérience dépaysante dans cet univers hyper bien mené dans lequel je me suis laissée complètement happée par son atmosphère rêveuse qui fait du bien. Le tout tient debout, c'est non seulement cohérent et hyper intéressant d'un point de vue scénaristique mais en plus les descriptions sont juteuses, de véritables petites douceurs et l'intrigue est excellente !

Un livre jeunesse bien travaillé, bien étoffé, qui détient un réel contenu se construisant petit à petit pour le bonheur de son lecteur. C'est les yeux ébahis, incapables de lâcher chaque mot, que j'ai dévoré ce bouquin en quelques heures. Une dose de bonheur en plein cœur !

   On a une intrigue principale, le fil rouge du roman qui est la quête principale, mais pleins de péripéties viennent s'ajouter à cet objectif, ce qui crée et agence autour de ce point pleins d'autres mini-intrigues tout autant importantes à la quête du personnage. C'est formidable car du coup on ne s'ennuie jamais, à chaque fois de nouveaux chemins, de nouveaux éléments viennent se greffer aux autres créant ainsi un ensemble de mondes adjacents qui forment un tout captivant et addictif. Ce livre m'a rempli le cœur de joie, je m'y suis sentie investie au même titre qu'Eliott, le protagoniste principal qui est extrêmement attachant tout comme les autres personnages qui sont tous parfaitement dépeints et donc palpables pour le/la lecteur.trice.

    En somme, je vous prie de bien vouloir découvrir cette histoire qui vous plongera dans un monde où l'impossible n'existe pas, là où vos rêves deviennent réalité et où les valeurs du cœur prônent sur le reste. Comme à chaque fois, j'ai un mal fou à décrire mes émotions vis-à-vis d'un livre coup de cœur à part vous assaillir d'un vocabulaire répétitif et ultra enjoué que je ne peux contrôler face à mon emballement presque hystérique face à ce livre. Mais croyez-moi, si vous voulez rêver et voyager au de-là du papier, Oniria n'attend que vous. Pour ma part, j'y retourne très prochainement.


dimanche 14 février 2016

Johanna Zaïre, "World War Web".


Auteur:   Johanna Zaïre
Titre:   World War Web
Editions:   Autoédité
Nombre de pages:   504
♥♥♥♥ J'ai adoré

Quatrième de couverture

Paris en 2035. Rebecca Barns est une jeune insurgée vivant dans la périphérie externe du nouveau Paris, qui est alors encerclé par de hauts murs de béton. À l'intérieur, une société modèle et harmonieuse à laquelle il faut obligatoirement adhérer, sans quoi c'est la mort assurée. Traqués par la milice du nouveau gouvernement, les rebelles vont se lancer dans une guerre contre une technologie révolutionnaire. Une dystopie addictive offrant une effrayante vision de notre société accroc aux nouvelles technologies.


Mon avis

   Cela fait un peu plus de deux ans à présent que j'ai eu la chance de rencontrer la plume de l'auteure. Une rencontre incroyable ! Je prends un plaisir immense à la découvrir au fil des années, à suivre son évolution à travers sa polyvalence. Cette fois-ci l'auteure surfe sur la vague dystopique, pour mon plus grand plaisir ! En effet, il s'agit d'un genre qui me plait malgré le schéma répétitif que je peux y retrouver en ce moment. WWW ne déroge pas à la règle en reprenant les codes reconnaissables du genre mais avec une réelle valeur ajoutée.

   La diégèse de ce roman est le monde tel que nous le connaissons, quelques années plus tard, sous l'emprise de la technologie. Cette dernière domine l'homme et ce livre est une fresque la dépeignant dans ses plus bas aspects. Le progrès a atteint son paroxysme, détenteur désormais d'un potentiel dangereux. L'être humain est asservi et devient littéralement une machine à son tour. Paris est désormais constituée d'une froideur extrême provoquée par une montre d'apparence anodine qui domine petit à petit le monde entier.
Nous sommes clairement dans une dystopie comme vous pouvez le constater à travers mon piètre résumé qui ne représente pas le roman dans toute sa splendeur, pour cela il vous faudra le lire. Ce que je vous conseille grandement de faire puisque nous avons affaire à une dystopie pure et dure, sans pour autant nous accabler d'informations techniques indigestes. Certes de la science fiction nous est offerte à toutes les sauces mais sans pour autant être ultra complexe et rébarbative. Au contraire, cet aspect est bien mené et documenté par l'auteure et donc compréhensible pour le lecteur. D'autant plus que chaque explication arrive à point nommé et est parfaitement imbriquée dans chaque situation et leur contexte. J'ai trouvé la construction intelligente et parfaitement exécutée. Rien arrive comme un cheveu sur la soupe, chaque révélation est justifiée. Tout est réfléchi et bien pensé depuis le début et l'on s'en rend compte au fil des pages, à travers les révélations qui nous sont offertes.

   Concernant l'intrigue, elle est dynamique. Il y a sans cesse du mouvement, les pages guident nos yeux sans que ceux-ci puissent se poser une seconde. Par conséquent, les moments de répits sont rares ce qui m'a éventuellement gêné par moment. J'aurais aimé retrouver davantage de ces moments pour reprendre mon souffle mais il n'y en avait pas en abondance, et donc je savourais ceux que l'auteure nous offrait mais ils furent rares. Avec le recul, je comprends et l'accepte: certes, des moments de répits auraient du être parsemé à plusieurs reprises mais dans cette histoire, il y a une réelle urgence traduite par une infernale course contre la montre qui nous traîne et nous entraîne dans de nombreuses péripéties que je n'ai pu ignorer tant elles furent explosives.

   Par moment, j'avoue avoir trouvé tout de même que ces précipitations menaient à une faible profondeur de champs de certains événements qui auraient nécessité, à mon sens, plus de réflexion et de développement. Mais le temps manque pour nos protagonistes, au point que eux-mêmes manquent d'exploitation à cause du rythme très soutenu du récit. Il s'agit de quelque chose que j'avais déjà reproché dans les précédents romans de l'auteure et ce reproche je le réitère ici: des personnages un peu survolés avec une psychologie pas suffisamment approfondie à mon goût. De temps en temps, leurs pensées m'échappaient, j'avais l'impression de faire face à des pions en mouvement, des personnages trop lisses qui manquaient de descriptions dont j'aurais voulu la personnalité plus immersive: ce qui a eu pour conséquence de créer une certaine distance entre eux et moi et cela me chagrine un peu. Et pourtant je constate une nette amélioration à ce niveau au fil des romans de l'auteure, mais cela reste encore trop léger pour la lectrice avide de bon développement de psychologie des personnages que je suis. Ce n'est évidemment qu'une question de goût et donc totalement subjectif. En effet, certain.e.s préféreront ce schéma où l'action est mise en avant par rapport à une exposition plus lente des protagonistes. Ce qui ne fut pas mon cas puisque certains instants furent rapidement survolés, notamment la fin que j'ai trouvé rapidement expédiée (et pas trop compréhensible pour le coup).

   Malgré un enchaînement rapide de péripéties qui donne un rythme fulgurant à l'histoire, il ne s'agit pourtant pas d'un livre dont l'unique but est de divertir puisque l'auteure développe une réelle critique sociale en toile de fond. La notion du pouvoir et de la technologie sont des thématiques maîtrisées car l'auteure ne se contente pas de les citer, elles les exploitent de manière à mener à la réflexion, le tout sur base de divertissement. Rien n'est blanc, rien est noir. On est loin de la facilité manichéenne que l'on retrouve dans ce genre de romans. Au contraire chaque personnage détient ses vices, ses forces et ses faiblesses, le bien et le mal se confondent et le pouvoir est désiré par tous, ce qui rend davantage l'histoire palpable et réaliste.

   Ce récit évoque une société anticipée, qui réprime la liberté et impose un système autoritaire. L'originalité de ce roman réside en la place prédominante de la technologie et la critique que l'auteure en fait. Elle a su mêler action, rebondissements et moralité, le récit va au-delà du divertissement. De ce fait, je la remercie de m'avoir permis de découvrir cette dystopie qui n'a rien à envier à ses prédécesseurs.

dimanche 7 février 2016

Un article brouillon pour un blog brouillon [DIVAGATIONS #1]


   Ouais, vous ne rêvez pas, c'est moi. Ça fait genre un siècle que vous ne me voyez plus par ici. Ou bien alors j'apparais de temps en temps, en vous promettant de revenir pour de bon à coup de justifications bidons alors que finalement, je finis par m'éclipser au bout de deux semaines. C'est de ça que je voulais vous parler aujourd'hui. C'est un fameux bordel dans ma tête, dans ma vie et dans tout ce que j'entreprends. On peut dire qu'en terme d'organisation, je suis plutôt nulle. Que ce soit ici ou dans ma vie tout court. Alors cet article va tenter de faire le point sur ce qui se passe dans ma tête, et bon sang que ça va être flou... Je vais donc parler avec les mots qui me viennent, je vais parler avec le cœur comme on dit. Du coup je vous préviens, cet article sera totalement brouillon (#divagations), une tentative d'explications à vous, mais surtout à moi-même.

   Bon là je parie que vous vous dites "non mais oh, la meuf elle nous propose une chronique tous les deux mois (et encore) et là elle nous impose un article qui va être hyper relou où elle va se plaindre sans arrêt..." Et vous n'avez pas totalement tord! D'ailleurs si vous ne voulez pas le lire, je comprends parfaitement, au moins cet article aura eu le mérite de me servir de support à confessions. Je ne veux pas me plaindre, j'ai juste envie de discuter avec vous, de me livrer, de vous parler de quelques tracas qui m'occupe l'esprit depuis longtemps (vis-à-vis du blog je vous rassure, je ne vais pas vous saouler avec ma vie privée, bien qu'il y ait des liens et tout mais ça on en parlera peut-être plus tard, bref).

   En fait, si je n'écris rien depuis longtemps c'est parce que... j'ai peur ("heu ok là elle me fait flipper...") Pas peur dans le sens un monstre va jaillir en cas de bide ou que sais-je. Plutôt une peur irrationnelle sur ma façon d'écrire, peur d'entreprendre en fait. J'ai juste l'impression que ce que j'écris... bah c'est nul, c'est de la merde. Je sais à quel point c'est ridicule de penser comme ça, que la blogosphère c'est pour le fun et le partage et qu'à partir du moment où l'on se fait comprendre à travers des mots il n'y a pas de problème. Le truc c'est que je me suis foutue la barre méga haute et ce, sans aucune raison. "genre la meuf elle se croit à l'académie française..." Non ce n'est pas ça, mais c'est comme si je me sentais obligée vous offrir des écrits impeccables à tout niveau (non pas qu'ils le soient hein je précise), comme si j'écrivais des dissertations qu'un prof lirait par la suite en fait, stupide n'est-ce pas? En soit ce n'est pas mal de s'imposer une certaine rigueur je pense, mais le problème c'est que ça vire à l'obsession dans mon cas, je recherche sans cesse une perfection qui n'arrivera jamais et par conséquent je ne ressens plus de plaisir à écrire ET LA C'EST GRAVE LES AMIS car ça ne m'était jamais arrivé auparavant (ou alors pas à cette échelle).


   J'ai toujours aimé écrire. Petite j'écrivais mes propres bandes dessinées, des textes par ci par là, un semblant de roman, des nouvelles,.. Bref, l'écriture a toujours fait partie de ma vie, de manière plus intensive à certains moments de ma vie, un peu plus essoufflée à d'autres, mais elle m'a toujours accompagnée peu importe les événements. Et là, aujourd'hui, plus rien. Ou alors presque plus rien. A cause de cette foutue pression que je m'impose bêtement à moi-même et de plus, sans aucune raison, je ne ressens plus de plaisir à écrire. Et franchement, c'est grave nul et frustrant au possible. Et comme si cela n'était pas suffisant, lorsque une envie soudaine me prends de rédiger une chronique ou quoi que ce soit d'autre même hors contexte de la blogosphère, je me mets une pression de ouf et deviens (trop) exigeante avec moi-même. Je me force à atteindre une certaine perfection (inatteignable de toute façon) que ce soit dans la construction de mes phrases, le vocabulaire choisit, la mise en page, etc. Et parfois ça tourne au ridicule, au point que (trop) souvent, je ne me reconnais plus à travers ma "plume" (j'insiste sur les guillemets). Peu importe le temps et la passion utilisés dans la rédaction d'un quelconque écrit, je ne suis jamais satisfaite de moi-même. J'ai l'impression de ne pas transmettre suffisamment de ma personne dans mes avis, de ma passion née du roman en question, une impression de me perdre dans une façon d'écrire qui ne me convient pas... J'en ai marre et je veux que ça change.

   Mon blog, c'est mon bébé. Je souhaite qu'il me ressemble davantage, qu'il soit mon identique reflet, qu'il me corresponde parfaitement. Je me suis perdue pendant trop longtemps et maintenant, je dis stop. Je veux retrouver ce plaisir d'antan lorsque la forme ne m'handicapait pas et que seul le fond comptait. Tant pis pour les répétitions, tant pis pour les phrases interminables, tant pis pour la mauvaise ponctuation, tant pis pour les quelques fautes d'orthographes que je ne remarque pas, tant pis pour les constructions de phrases douteuses, tant pis pour le manque de vocabulaire, tant pis pour la fluidité, tant pis si je ne trouve pas l'inspiration et qu'une chronique ne se limite qu'à deux lignes,... Tant pis pour tous ces petits défauts qui m'empêchent d'écrire et d'éprouver du plaisir. Désormais je vais faire en sorte de m'enlever cette peur, cet auto-fardeau de non-sens, et simplement écrire. Sans pression. Sans m'imposer quoi que ce soit. Avec passion. Point barre.

   Voilà *prendsuneinspirationprofonde*. Je me sens déjà mieux d'avoir couché sur écran ce qui me bloque depuis plusieurs mois. J'ai conscience que cela peut sembler ridicule d'avoir peur d'écrire, peur de se décevoir soi-même dans le cadre de la rédaction de simples avis lecture sur Internet, ce qui devrait être au contraire synonyme de plaisir et simplicité. J'avais cependant besoin de vous en parler, de vous donner les réelles raisons pour lesquelles je m’absente si souvent et reviens alors avec la fameuse excuse du temps-qui-manque. A présent je ne veux plus me cacher de ce poids que je jugeais honteux et qui m’entraînais par conséquence dans de nombreuses panne de lecture. Je veux régler ces soucis et cela va commencer par reprendre confiance en me (re)lançant dans le partage de ces choses qui m'animent au quotidien, c'est à dire la lecture évidemment mais également d'autres choses qui pourraient apparaître prochainement sur le blog. A partir de maintenant, je suis à la recherche du goût perdu et c'est par ici que commence ma quête, par cet article hyper brouillon qui, finalement, me ressemble carrément.



lundi 18 janvier 2016

Irene Salvador, "Les gardiens de l'océan".

Auteur:   Irene Salvador
Titre:   Les gardiens de l'océan
Editions:   Michel Lafon
Nombre de pages:   220
♡♡♡♡ Je n'ai pas aimé

Quatrième de couverture

En plongeant pour sauver son père de la noyade, Marco, 14 ans, découvre qu'il a l'incroyable capacité de respirer sous l'eau. Mais son émerveillement est de courte durée car il apprend bien vite la vérité : il appartient à un peuple millénaire, les Gardiens de l'Océan, et l'apparition de ses pouvoirs a fait de lui une cible de choix pour ceux qui souhaiteraient empêcher la naissance d'un nouveau protecteur des mers. Afin de préserver les siens, il doit les quitter, et partir apprendre à contrôler ses nouveaux dons à Acqualys, la cité des Gardiens. Mais avant d'en devenir un à part entière, il devra affronter des pirates, explorer les fonds marins et braver le seul interdit qu'on lui a imposé... un interdit qui porte le nom de Laura.

Mon avis

   En voyant ce livre proposé en partenariat sur le site de Livraddict, je n'ai pas hésité une seule seconde et ai postulé dans l'espoir de le recevoir. Quel fut mon plaisir d'avoir été sélectionnée pour le découvrir. Je remercie Livraddict et Michel Lafon de me l'avoir fait parvenir. L'histoire se déroule dans les fonds marins dans lesquels évoluent une société particulière: les gardiens de l'océan. Ceux-ci, disséminés dans le monde entier, sont censés protéger l'écosystème, préserver et sauvegarder la planète et ses ressources de tous dangers, qu'ils soient naturels ou causés par l'être humain. Le pitch de base est intéressant et donne envie de plonger dans ce milieu aquatique original et détenteur d'un potentiel incontestable pour passer un excellent moment de lecture de manière à s'immerger dans ce cadre paradisiaque. Je m'attendais à un dépaysement total, à découvrir l'océan sous un aspect que je ne connaissais pas, emprunt de magie et de mystère. Un univers qui fait rêver et qui donne envie de s'y rendre. Malheureusement, je n'ai rien ressenti de tout cela. A vrai dire, ce livre m'a déçu tant au niveau de son fond que de sa forme qui m'a semblé inadéquate à l'univers que l'auteure nous propose.

   L'auteure part d'un postulat riche et facilement exploitable au vu de tout ce qui était possible de construire autour de cette nouvelle mythologie, qui laissait supposer une multitude de directions, une excellente idée de la part de l'auteure pourtant. Ce qui me chagrine d'autant plus. En effet, le livre ne fait que 220 pages et aurait mériter davantage d'approfondissement. Au lieu de cela, des clichés à répétitions nous sont offerts et les actions se déroulent à une telle rapidité que je n'ai nullement eu le temps de prendre conscience de ce que je lisais et par conséquent, de m'encrer dans l'histoire. De plus, les descriptions sont peu nombreuses. Le style de l'auteure est certes, agréable à lire, mais trop peu imagé à mon goût. Je n'ai donc pas eu l'occasion de m'imaginer correctement le contexte qu'elle propose, ce qui est dommage. Je sais qu'il s'agit d'un roman destiné aux enfants, ce qui peut expliquer les nombreuses facilités à tous niveaux. Mais je reste convaincue que quelques pages supplémentaires et un récit plus étoffé n'auraient pas été de refus, tant pour le jeune lecteur ou le moins jeune.

   En conclusion, je n'ai pas été convaincue par ce roman aquatique qui pourtant détenait un immense potentiel à mes yeux. J'ai ressenti comme un manque tout au long de ma lecture de part le récit trop rapide, les personnages survolés et l'écriture qui n'a pas su m'immerger dans l'histoire comme je l'aurais souhaiter. Cependant, je reste convaincue que l'idée de base est excellente, d'où ma déception de ne pas avoir pu m'y plonger complètement. Je pensais découvrir une histoire innovante et magique se déroulant dans des lieux marins aux décors magnifiques, mais finalement j'ai bu la tasse.